L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a décrété, ce mercredi, une grève de 72 heures allant du 18 au 20 novembre 2020. La centrale syndicale a posé sur la table du gouvernement des doléances sur 11 points de revendication dont, entre autres, l’harmonisation des grilles salariales, la rémunération à travail égal, valeur égale à travers des grilles uniques par catégorie.
Ce mercredi matin, la ville de Bamako affiche un visage peu familier. La circulation semble plus fluide avec moins de véhicules. Dans certains services publics, les portails sont fermés.
C’est une matinée exceptionnelle dans cour de l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap). D’habitude très animé, le lieu est aujourd’hui quasi désert. Seules les voitures de quelques responsables sont visibles au parking. Sur les murs une note attire l’attention : « Union nationale des travailleurs du Mali : Greve générale 18, 19 et 20 novembre sur toute l’étendue du territoire national ». Le mot d’ordre semble être entendu à vue d’œil par la grande majorité du personnel.
Un tour d’horizon pour prendre la température d’autres services publics nous amène à la Cité administrative. Là, plusieurs voitures et motos sont visibles dans les parkings. Il y a aussi du mouvement dans la cour et une partie du personnel administratif est perceptible. « Nous sommes au travail comme vous pouvez le constater. Bien sûr, avec ce mot d’ordre de grève de la principale centrale certains travailleurs ont débrayé. Mais, le personnel nommé par décret n’est pas concerné, donc nous travaillons », assure un responsable au ministère de la Communication.
Le constat est à peu près similaire à la direction de L’energie du Mali (EDM) au moment de notre passage. La cour de la structure affiche du mouvement et des parkings remplis des voitures et motos du personnel. « Quand il y a grève nous faisons un pointage physique du personnel présent.
Ces données permettent d’avoir le niveau réel de participation, pour l’instant nous ne les avons pas. Mais à vue d’œil, on peut constater que globalement, il y a une continuité du service », souligne là aussi le directeur des ressources humaines de la société, Aboubacar Sidiki Kanté.
Même son de cloche à la direction de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). La directrice générale, Mme Sidibé Zamilatou Cissé, explique aussi que les données n’étaient pas encore disponibles pour déterminer l’état de déroulement du travail dans toutes régions et communes couvertes par son service. Mais, la directrice confirme que le service minium est assuré dans sa structure.
À la Bourse du travail, nous avons trouvé certains responsables de l’UNTM qui, eux, expriment leur satisfaction par rapport à l’effectivité de la grève. « Nous sommes satisfaits pour cette première journée parce que nous avons constaté que le mot d’ordre est observé dans toutes les grandes administrations en dehors du service minimum qui est assuré », lance Ousmane Traoré, secrétaire chargé des questions économiques du bureau exécutif de l’UNTM.
Le responsable syndical assure que la grève est observée dans toutes les régions selon les informations qui leur sont remontées par les bases. En ce qui concerne les pourparlers avec le gouvernement, il relève que le principal point de blocage se situe au niveau du point six (6) des revendications. Ce point est relatif à l’harmonisation des grilles salariales dans la fonction publique.
M. TOURÉ